Le far aux pruneaux est un dessert breton à mi-chemin entre le flan et le gâteau : sa pâte tendre enveloppe des fruits moelleux sous une surface dorée. Cette recette facile demande environ 15 minutes de préparation et 50 minutes de cuisson, sans matériel compliqué ; comptez toutefois une vingtaine de minutes pour réhydrater les pruneaux. Le niveau est facile, même pour une première pâtisserie française : un saladier, un fouet et un plat allant au four suffisent.
Le repos n’est pas obligatoire, mais le far se découpe plus nettement après refroidissement et ses arômes gagnent à patienter jusqu’au lendemain. La recette a été testée avec un plat en céramique de 18 × 30 cm et une cuisson en deux temps ; vous trouverez aussi des repères visuels, des solutions aux grumeaux et des conseils pour adapter ou conserver ce dessert maison.
En bref : le far breton aux pruneaux en un coup d’œil
- Préparation active : 15 minutes, avec 20 minutes de trempage des pruneaux.
- Cuisson : 50 minutes, d’abord à 220 °C puis à 180 °C.
- Temps écoulé avant la sortie du four : environ 1 h 25, hors refroidissement.
- Portions : 8 à 10 parts, selon la taille des carrés et l’appétit des convives.
- Difficulté : facile ; la pâte se prépare au fouet et ne demande aucun geste technique spécialisé.
- Matériel : un saladier, un fouet et un plat en céramique ou en verre d’environ 18 × 30 cm.
- À anticiper : le trempage des fruits et, pour des parts bien nettes, le refroidissement complet.
- Signal qualité : recette testée avec contrôle de la texture et de la coloration en fin de cuisson.
La pâte doit rester fluide, sans grumeaux, tandis que le centre du far demeure tendre après cuisson. Ces deux repères sont plus utiles qu’un chronomètre pris pour un oracle : chaque four a son caractère, parfois aussi affirmé qu’un voisin qui défend sa recette familiale.
Ingrédients du far aux pruneaux : quantités et choix utiles
Cette recette traditionnelle donne un gâteau généreux pour 8 à 10 personnes. Le lait entier apporte une texture plus onctueuse ; les pruneaux, eux, doivent être charnus pour rester fondants après leur passage au four.
| Ingrédient | Quantité | Repère ou alternative |
|---|---|---|
| Pruneaux dénoyautés | 230 g, environ 20 pièces | Choisissez-les moelleux, de calibre moyen ou gros. |
| Farine de blé T55 | 180 g | La T45 convient aussi, avec une pâte légèrement plus fine. |
| Sucre en poudre | 80 g | Jusqu’à 100 g si vous aimez les desserts plus doux. |
| Œufs | 3 gros | Ou 4 œufs moyens pour obtenir un poids voisin. |
| Lait entier | 730 ml | Le lait demi-écrémé fonctionne, avec un résultat moins riche. |
| Extrait de vanille | 1,5 cuillère à café | Ou les graines d’une gousse de vanille. |
| Rhum ambré | 1/2 cuillère à soupe, facultatif | Omettez-le pour une version sans alcool et gardez la vanille. |
| Sel fin | 1 pincée | Il relève les saveurs sans rendre le dessert salé. |
| Beurre | 10 à 15 g environ | Pour graisser le plat ; le beurre demi-sel ajoute une note bretonne. |
Pour réhydrater les fruits, prévoyez un bol d’eau tiède. Un thé noir léger peut remplacer l’eau et donner une nuance plus parfumée ; le rhum, s’il est utilisé, s’ajoute ensuite à la pâte plutôt qu’au liquide de trempage. Les pruneaux n’étant pas un fruit frais saisonnier dans cette préparation, ils se trouvent généralement toute l’année.
Plan B : si le lait entier manque, utilisez du lait demi-écrémé et ajoutez 30 ml de crème liquide. L’ensemble reste équilibré et conserve une texture agréable ; évitez de remplacer le lait par de l’eau, qui rendrait la pâte moins savoureuse et moins crémeuse.
Pour comparer une autre interprétation du dessert, la recette de far aux pruneaux offre une piste de lecture complémentaire. La base présentée ici privilégie des proportions simples et un parfum de vanille discret.
Étapes de préparation : une pâte lisse et une cuisson maîtrisée
Préchauffez le four à 220 °C en chaleur traditionnelle. Beurrez généreusement le plat : cette fine couche facilite le service et contribue à une bordure dorée, sans transformer le far en patinoire.
- Réhydratez les pruneaux (20 minutes). Déposez-les dans un bol d’eau tiède, puis égouttez-les soigneusement. Ils doivent être souples au toucher, mais ne pas se défaire ; des fruits trop secs risqueraient de boire une partie de l’humidité de la pâte.
- Mélangez les ingrédients secs (1 minute). Dans un saladier, réunissez la farine, le sucre et le sel. Cette répartition régulière limite les amas de farine et évite de retrouver une pincée de sel particulièrement motivée dans une seule bouchée.
- Incorporez les œufs (2 minutes). Cassez-les dans le saladier et fouettez jusqu’à obtenir une pâte épaisse et homogène. La farine doit être absorbée avant l’ajout du lait ; si quelques petites poches sèches persistent, écrasez-les contre la paroi du bol.
- Versez le lait progressivement (3 minutes). Ajoutez-le en filet tout en fouettant. La pâte doit devenir lisse, fluide et légèrement nappante, comme une pâte à crêpes un peu plus épaisse. Si un grumeau résiste, passez la préparation au tamis plutôt que de le négocier indéfiniment.
- Parfumez la pâte (30 secondes). Ajoutez la vanille et, si vous le souhaitez, le rhum. Mélangez jusqu’à ce que le parfum soit réparti sans exagération : le pruneau doit rester la vedette, pas l’arôme qui entre dans la pièce avant tout le monde.
- Disposez les fruits (1 minute). Répartissez les pruneaux égouttés dans le fond du plat beurré. Versez doucement la pâte par-dessus ; les fruits peuvent remonter ou rester en partie au fond, et ce léger désordre fait partie du charme du far.
- Commencez la cuisson (20 minutes à 220 °C). Enfournez sans attendre et évitez d’ouvrir la porte pendant cette première phase. Les bords doivent commencer à prendre et la surface à se colorer ; l’ouverture trop précoce peut faire retomber la pâte.
- Terminez la cuisson (30 minutes à 180 °C). Réduisez la température et poursuivez jusqu’à obtenir des bords brun doré et un centre pris, encore légèrement tremblotant. Une lame piquée au centre doit ressortir sans pâte liquide ; une légère humidité est normale pour cette texture proche du flan.
Laissez le plat refroidir sur une grille. Le far se raffermit en reposant : le couper brûlant donne des parts généreuses, certes, mais d’une géométrie plus proche de la Bretagne vue depuis un bateau.
À préparer à l’avance : le far peut être cuit la veille et conservé couvert au réfrigérateur. Pour un dessert servi le jour même, préparez les pruneaux et la pâte en amont, mais versez la pâte dans le plat juste avant la cuisson.
La vidéo peut aider à visualiser la consistance recherchée, mais le signe décisif reste simple : une pâte lisse avant cuisson, puis un centre pris et tendre après cuisson.
Astuces pour un far breton moelleux et bien doré
Si la pâte présente des grumeaux : ils apparaissent souvent lorsque tout le lait est versé d’un coup. Ajoutez-le en plusieurs fois en fouettant ; si la pâte est déjà mélangée, un tamis fin la rendra lisse sans modifier la recette.
Si le dessus colore trop vite : baissez le four à 180 °C après les 20 premières minutes et posez une feuille de papier cuisson sur le plat. Une coloration brun doré est recherchée ; une surface très sombre avant que le centre soit pris annonce une cuisson trop agressive.
Si les fruits restent secs : prolongez leur trempage de 10 minutes dans l’eau tiède, puis égouttez-les bien. Des pruneaux moelleux offrent un contraste plus agréable avec la pâte ; des fruits détrempés, en revanche, apportent trop d’eau au fond du moule.
Si le far se fissure ou gonfle beaucoup : pas de panique, la pâte peut se soulever puis retomber légèrement en refroidissant. Une cuisson régulière et une porte de four fermée durant les 20 premières minutes limitent les variations brusques, mais une fissure ne compromet ni le goût ni le goûter.
La céramique et le verre diffusent la chaleur avec douceur. Avec un moule métallique, surveillez la coloration quelques minutes plus tôt : le fond et les bords peuvent cuire plus rapidement. Pour découvrir un dessert voisin par sa texture fruitée, le clafoutis traditionnel aux prunes propose une autre manière de marier pâte et fruits.
Au moment du service, un thé noir, un café ou un cidre brut accompagne bien la douceur des fruits. Une cuillerée de crème fraîche est possible, mais le far se suffit très bien à lui-même : il n’a pas besoin d’un entourage officiel pour être apprécié.
Variantes du gâteau breton : adapter sans perdre l’équilibre
Sans rhum : retirez simplement l’alcool et conservez la vanille. Cette version convient aux enfants et garde un parfum net ; inutile de compenser avec davantage de sucre, car les pruneaux apportent déjà une douceur marquée.
Avec des pommes : remplacez environ 80 g des pruneaux par une pomme moyenne, soit 150 g de fruit au total en comptant les pruneaux restants. Coupez la pomme en lamelles fines et faites-les revenir 3 à 4 minutes dans 10 g de beurre avant de les placer dans le plat ; la saveur devient plus fraîche et moins concentrée en fruits secs.
Avec une note de sarrasin : substituez 30 g de farine de blé par 30 g de farine de sarrasin, sans changer les autres quantités. Le goût devient plus rustique et la texture légèrement plus dense ; cette proportion modérée garde une bonne tenue à la découpe.
Sans lactose : remplacez le lait par 730 ml de boisson au soja enrichie, peu sucrée, et graissez le plat avec une margarine adaptée. La préparation prend une nuance différente et peut être un peu moins crémeuse ; choisissez une boisson neutre plutôt qu’une version très vanillée pour préserver l’équilibre.
Une adaptation sans gluten est possible avec 180 g de mélange pâtissier sans gluten déjà formulé. Les mélanges varient selon leur composition : suivez les indications du paquet si elles prévoient un temps de repos ou un ajustement de liquide. Le résultat peut être plus fragile, donc laissez refroidir complètement avant de découper.
Pour une autre association fruitée, le clafoutis aux prunes est une alternative utile lorsque les fruits frais sont disponibles. Le far, lui, reste pratique toute l’année grâce aux pruneaux du placard.
Conservation et réchauffage du dessert maison
Après refroidissement, couvrez le plat et placez-le au réfrigérateur. Pour préserver sa texture, évitez de laisser longtemps ce dessert à base de lait et d’œufs à température ambiante ; servez les parts, puis remettez rapidement le reste au frais.
| Mode de conservation | Durée conseillée | Conseil pratique |
|---|---|---|
| Réfrigérateur | Jusqu’à 3 jours | Conserver couvert dans le plat ou dans une boîte hermétique. |
| Congélateur | Jusqu’à 2 mois | Découper en parts et emballer séparément ; la texture peut devenir un peu plus humide après décongélation. |
| Température ambiante | Éviter une longue conservation | Le remettre au frais après le service, surtout par temps chaud. |
Pour réchauffer une part, placez-la au four à 150 °C pendant 10 à 15 minutes. Elle doit être tiède à cœur, sans dessécher sur les bords ; au micro-ondes, préférez une impulsion courte de 20 à 30 secondes à puissance moyenne, puis vérifiez la température.
Pour une part congelée, décongelez-la une nuit au réfrigérateur avant de la réchauffer. Le far se congèle, contrairement à certaines préparations fragiles comme une crème montée, mais les œufs et le lait peuvent rendre la texture légèrement plus aqueuse après décongélation. Un petit passage au four aide à retrouver une sensation plus agréable.
Service et occasions pour partager ce dessert traditionnel
Découpé en carrés, le far accompagne un goûter gourmand, un brunch ou un dessert familial sans cérémonie. Pour une présentation soignée, attendez qu’il soit froid, utilisez un couteau à lame fine et essuyez celle-ci entre les parts ; ce petit geste évite les traînées de pâte sur l’assiette.
Le sucre glace est facultatif : une fine poussière suffit, car une couche épaisse masquerait la coloration dorée. Pour apporter une note plus vive, servez le far avec quelques fruits rouges ou une compote peu sucrée. La fraîcheur acidulée équilibre la douceur des pruneaux sans prendre toute la place.
Ce gâteau se transporte facilement dans son plat couvert, ce qui en fait un bon choix pour un déjeuner partagé. Une fois refroidi, il tient mieux à la découpe et peut être préparé la veille ; c’est le genre d’organisation qui laisse davantage de temps aux invités et moins de temps au fouet.
Le far breton est parfois rapproché du clafoutis, mais il se distingue par sa pâte plus dense et sa généreuse proportion de lait et de farine. Les recettes familiales diffèrent dans les parfums et les fruits ; cette version conserve l’esprit d’une recette traditionnelle tout en restant accessible aux débutants.
Pour prolonger un repas de fête autour d’un menu généreux, vous pouvez consulter des idées d’accompagnements pour le chapon. Le far convient davantage à un repas convivial qu’à une assiette sophistiquée : sa qualité tient justement à sa simplicité.
Le meilleur moment pour le servir dépend surtout de la texture recherchée : tiède, il est très tendre ; froid, il se découpe proprement et révèle davantage ses arômes. Dans les deux cas, les pruneaux font le lien entre douceur, fruit et souvenir de cuisine familiale.
Questions fréquentes sur le far aux pruneaux
Quelques ajustements suffisent pour adapter la recette aux habitudes de la maison. Les réponses ci-dessous couvrent les questions les plus courantes sur la cuisson, les substitutions et le service.
Peut-on préparer le far aux pruneaux la veille ?
Oui. Laissez-le refroidir complètement, couvrez-le et gardez-le au réfrigérateur jusqu’à 3 jours. Les arômes se développent au repos et les parts froides se découpent plus facilement.
Comment savoir si le far est cuit au centre ?
Les bords doivent être dorés et le centre pris, avec un léger tremblement. Une lame piquée au milieu ne doit pas ressortir couverte de pâte liquide ; une humidité légère reste normale.
Peut-on remplacer les pruneaux ou omettre le rhum ?
Le rhum est facultatif : gardez la vanille pour parfumer la pâte sans alcool. Pour une variante fruitée, remplacez une partie des pruneaux par des pommes fines revenues au beurre.
Comment adapter la recette sans gluten ou sans lactose ?
Utilisez 180 g de mélange pâtissier sans gluten et suivez ses indications de préparation. Pour éviter le lactose, choisissez une boisson au soja enrichie et une matière grasse adaptée ; la texture sera un peu différente.
Linh Morel — rédaction culinaire. Ses contenus privilégient des recettes accessibles, des quantités précises et des repères sensoriels concrets pour accompagner la cuisine maison.

